Chapitre 28: L’ouverture
Léonard se trouvait dans un des laboratoires de ses locaux de Dubaï, des algues provenant des bateaux y avait été amenées et testées.
Hitomi Toriyama, l’amie biologiste d’Akira, y dirigeait les travaux.
― Les premiers tests faits sur ces algues montrent une capacité à absorber l’énergie électrique, dit-elle.
― Elles seraient donc responsables des pannes des bateaux ? questionna Léonard.
― Malheureusement, il est trop tôt pour faire de telles conclusions. Je vais vous montrer.
Hitomi accompagna Léonard jusqu’à une enceinte en verre voisine, où se trouvait une algue.
― Vous voyez, ici nous avons placé à côté de l’échantillon un petit moteur à eau. L’expérience consiste à allumer le moteur, puis à l’éteindre et mesurer les plantes de différentes façons de manière à calculer l’énergie qu’elles ont emmagasinée. Les plantes ont un rapport avec les pannes des bateaux, ça c’est sûr, mais par exemple, lors de notre expérience, elles ne sont pas suffisamment puissantes pour détruire le moteur…
― Je vois, dit Léonard. Ce sont comme des batteries capables d’absorber les énergies se trouvant à courte distance.
― D’une certaine façon. Mais elles sont différentes des batteries communes, et pas seulement par le fait d’être des algues. Une première différence est leur rapidité de détérioration. Les analyses ont montré que la charge accumulée est à chaque nouvelle expérience nettement moins importante que la précédente. La deuxième différence est qu’elles ont pu détruire définitivement les systèmes des bateaux attaqués. Nous ne comprenons pas encore comment elles ont pu faire. Ce détail les distingue des batteries communes et en fait de véritables armes.
― Je comprends ce que vous voulez dire, dit Rei, mais d’après vos explications, j’aurais tendance à comprendre que les algues ont finalement bien détruit elles-mêmes les engins fonctionnant à bord du bateau, non ?
― Nous n’en sommes encore qu’aux hypothèses, mais je pense qu’elles sont effectivement responsables de la destruction des machines. Par contre si j’ai répondu négativement tout à l’heure à votre question, c’est parce que je crois qu’il nous manque une donnée. Je pense qu’il y avait quelque chose de plus que ces algues, quelque chose qui leur permettait d’être si puissantes et agressives. Quoi que se soit, elles en manquent maintenant et perdent leur capacité tout en virant au noir. Nous avons essayé de faire les tests en mettant ces algues dans les échantillons d’eau de mer que vous avez ramenés du site où vous les avez trouvées, mais cela n’a rien changé.
Léonard regardait le petit bout d’algue sujet de tant de questions et d’hypothèses alors qu’il écoutait la biologiste.
― Autrement dit, nous n’aurons bientôt plus que des algues communes ou mortes, dit-il.
― En un mot… Oui… répondit Hitomi Toriyama, nous en avons déjà gardé des échantillons par tous les moyens de conservations possibles et connus, et essayons de faire le maximum de tests envisageables alors qu’elles gardent encore un peu de leurs propriétés.
Akira Kanzaki entra dans le laboratoire en saluant son amie.
― Monsieur Rei, nous venons de finir tous les tests préliminaires à l’ouverture des téléporteurs inactifs des bateaux, j’ai pensé que vous aimeriez être là pour celles-ci.
― Oui, bien sûr ! Merci d’être venu me chercher, répondit Léonard.
― J’ai espoir de percer les mystères de ces machines avec ce téléporteur. Il est totalement désactivé. C’est la première fois que j’en vois un dans cet état. Je me sens comme un enfant qui attend le Père Noël ! dit Akira avec un grand sourire sur les lèvres.
― J’ai le même espoir, dit Léonard.
Les deux hommes arrivèrent devant les deux bateaux, dont l’un, qui avait servi à prendre des échantillons d’algues et qui en était maintenant dépourvu, de manière à pouvoir tenter l’ouverture des téléporteurs inactifs avec et sans elles.
Akira se dirigea vers les installations qu’il avait mises à distance des téléporteurs qu’il allait tenter d’ouvrir, en cas d’une éventuelle explosion. Tout était déjà préparé et programmé. Il dit « Top départ ! » et deux petits robots se dirigèrent vers les bateaux, puis continuèrent tout droit avant de se séparer pour aller chacun d’un côté. Ils montèrent sur l’aéropasserelle qui se déclencha alors.
Pendant ce temps tous les spectateurs qui étaient à distance, étaient montés sur une autre aéropasserelle pour voir la scène du dessus.
Chacun des petits robots arriva devant son téléporteur inactif et commença à sortir différents ustensiles pour l’ouvrir.
Le public de l’évènement ne disait rien, transpirant de stress, retenant son souffle, plein d’espoir et d’appréhension. Il regardait les robots opérer. Akira dit alors :
― A ce stade, tous les téléporteurs que nous avons tenté d’ouvrir jusqu’à maintenant avaient déjà explosé…
Personne ne quittait des yeux ce qu’il se passait. La tension était si forte que beaucoup tremblaient, les moins résistants psychologiquement commençaient à avoir des larmes aux yeux.
― Oh mon dieu ! Ça y est ! Ça y est, ils sont ouverts ! chanta Akira, vite passerelle fait nous redescendre.
Tout le monde cria alors de joie, se prenant dans les bras les uns les autres alors que la passerelle descendait. Akira sauta de celle-ci avant tout le monde, tant il était excité, puis se dirigea en courant vers le bateau duquel les algues avaient été retirées, tout le monde le suivit en essayant de le rattraper. Akira attendit néanmoins que tous les autres soient sur l’aéropasserelle pour monter vers le téléporteur de la coque. Il fut de nouveau le plus rapide à descendre et se précipita vers la machine, à présent ouverte. Lorsqu’il vit l’intérieur il se figea, puis tourna sur lui-même. Léonard, qui était juste derrière lui, se rendit alors compte que l’ingénieur ne souriait plus du tout…