Chapitre 23 : L’idée d’Alberto’
Paméla’ Maier qui savait que les conversations par puce téléphonique n’étaient pas totalement sûres, avait dit à son supérieur avoir retrouvé la carte de Thomas’ King dans son sac et l’avoir appelé pour savoir ce qu’il voulait lui dire. Elle lui dit la vérité sur la discussion qu’ils avaient eue, puisqu’elle n’avait, cette fois-ci, rien à cacher. Sur le moment, Alberto’ D’Alino était resté pensif, sans rien lui répondre. Le lendemain, le leader de son mouvement l’avait contactée par puce, lui disant de venir le plus rapidement possible car une réunion spéciale allait avoir lieu.
Paméla’ était en train de se préparer, se demandant pourquoi son groupement avait décidé de faire une réunion non prévue de manière si brusque. Peut-être que quelque chose de grave s’était produit.
Elle emprunta le téléporteur de sa chambre et se retrouva dans les locaux des Grands Océans. Elle alla jusqu’au bureau d’Alberto’ D’Alino, mais sa secrétaire lui annonça qu’il était déjà parti dans la salle de réunion numéro quatre et qu’elle devait l’y rejoindre. Paméla’ se rendit donc à l’endroit indiqué. La porte était ouverte avec un garde à l’entrée. Alberto’, déjà à l’intérieur, lui fit signe d’entrer. Le garde resta devant la porte, mais sans la fermer.
― Bonjour Paméla, dit Alberto’.
― Bonjour Monsieur D’Alino, répondit-elle, vous attendiez seul ici ? Les autres ne sont pas encore là ?
― Non, aujourd’hui je voulais m’entretenir de manière privée avec vous.
― Avec moi ? répéta Paméla’ surprise.
― Oui. J’ai une mission spéciale pour vous si vous l’acceptez.
― Je vous écoute, dit Paméla’ intéressée.
― Vous avez déjà prouvé à plusieurs reprises votre attachement à notre mouvement et à la sauvegarde des Océans. Vous êtes une vraie Grand Océan à mes yeux.
― Merci, répondit Paméla’.
― C’est donc pour cela qu’après y avoir beaucoup réfléchi, j’ai décidé de créer cette mission.
Paméla’ ne disait rien, attendant qu’Alberto’ explique le fond de sa pensée.
― Vous vous souvenez de ce qu’il s’est passé lors de la dernière réunion de la Ligue alors que les Terres Bleues en faisait encore partie ? demanda Alberto’ D’Alino.
― Bien sûr, répondit-elle.
― Et bien je pense que vous plaisez à Léonard Rei, après tout vous m’aviez dit qu’il était sur le point de répondre à vos questions lorsque je suis arrivé, et ensuite vous avez découvert une carte de visite de son bras droit dans votre sac…
― L’idée de la carte semble ne pas avoir été une idée de Léonard Rei, dit-elle en rougissant devant ce que lui disait son supérieur.
Alberto’, en voyant son émoi, mit cela sur le compte de la timidité.
― Ne soyez pas timide, vous êtes une très jolie femme et il n’est pas surprenant qu’un homme comme Léonard Rei vous regarde.
Paméla’ ne savait pas quoi répondre, elle eut peur pendant un moment que son leader soit en train de lui faire des avances.
― Vous savez que nous manquons beaucoup d’information sur ce que font les Terres Bleues, or nous voulons savoir ce qu’ils font, s’ils préparent de sales coups contre la Ligue ou non, des choses comme ça.
― Je comprends, répondit Paméla’, comment puis-je vous aider ?
― Je veux que vous soyez notre espionne au sein des Terres Bleues, dit Alberto’ D’Alino en la fixant droit dans les yeux.
― Moi ? Une espionne ? répéta Paméla’, je ne sais pas si je pourr…
― Ne vous en faites pas, l’interrompit son chef. Je serai le seul à savoir ce que vous faites. Personne ne pourra vous découvrir, ni vous dénoncer.
Paméla’ ne répondit pas.
― J’ai pensé à absolument tout, continua Alberto’, même à comment vous pourriez rentrer chez nous à nouveau après votre mission si je venais à mourir.
― Vous êtes menacé par quelqu’un ? s’inquiéta Paméla’.
― Non, non, ne vous en faites pas, en tout cas pas plus que les autres leaders de la Ligue ! plaisanta-t-il. Je vous ai donné cela comme preuve que tout a été préparé dans les moindres détails et que vous n’avez rien à craindre. Nous avons vraiment besoin de votre aide. Cette mission, il n’y a que vous qui puissiez la faire. Je ne vous y oblige pas, mais si vous la refusez, nous devrons nous passer des informations cruciales que vous pourriez nous rapporter. Par contre dans le cas où vous accepteriez, à votre retour parmi nous, je vous nommerai vice-présidente des Grands Océans et vous seriez une véritable héroïne, exagéra Alberto’ D’Alino.
Paméla’ ne savait pas quoi répondre. D’un côté elle avait envie de voir Léonard, de l’autre elle avait déjà dit non à Thomas’ et elle ne se sentait pas très à l’aise dans le rôle d’une espionne infiltrée parmi un mouvement de terroristes notoires.
Alberto’, sentant que ses promesses n’avaient pas encore convaincu sa jeune assistante, continua.
― Votre mission serait très simple. Je vous renverrai pour avoir eu une conversation par puce téléphonique avec Thomas King sans nous avoir concertés avant de la faire. Ce sera la version officielle, laquelle vous facilitera l’entrée chez les Terres Bleues.
Paméla’ se rendit alors compte de la gravité de ce qu’elle avait fait en appelant ainsi une personnalité rivale de son groupement sans demander d’autorisation.
― Ensuite lorsque vous serez avec eux nous n’aurons plus de contact direct. J’avais pensé que nous pourrions passer par votre famille, peut-être par votre frère pour avoir une manière de communiquer. Vous pourriez lui téléporter des messages qu’il nous renverrait ensuite. Les Terres Bleues sont contre les téléporteurs et vous ne pourrez plus en prendre si vous les rejoignez, mais il vous serait certainement possible d’envoyez discrètement des lettres manuscrites à votre famille d’un côté, et de l’autre, écrites au jus de citron, les informations que vous seriez en mesure de nous donner. Ainsi, si dans le pire des cas vous étiez prise en train de téléporter un message, vous pourriez montrer qu’il s’agissait simplement d’une lettre à votre famille qui vous manque.
― Je vois, dit Paméla’, vous avez vraiment pensé à tout…
Alberto’ D’Alino eut une mine réjouie en entendant cela, il le prit comme un compliment, sachant qu’il avait tout pensé et préparé tout seul.
― Exactement, répondit-il, maintenant, avant que je continue, vous devez me dire si vous acceptez de devenir notre espionne au sein des Terres Bleues ou non…
Il y eut alors un moment de silence et de tension. Paméla’ n’était pas totalement sûre d’elle et Alberto’ priait pour qu’elle accepte tout en recherchant par quel moyen il pourrait la forcer au cas où elle refuserait.
― J’accepte, dit elle.
Alberto’ s’esclaffa alors assez fortement tant il était heureux.
― Merveilleux, s’exclama-t-il, je savais que je pouvais compter sur vous !