Chapitre 21: In extremis
Pierre venait d’acheter un gâteau à son tour pensant inviter John à regarder les informations avec lui. Il mit la main sur son oreille et dit « John Baggins », après quelques secondes il fut mis en contact avec le répondeur de la puce de son ami. Il laissa un message, tout en pensant que cela faisait presque quinze ans qu’il n’avait pas entendu ce répondeur.
Inquiet, il décida d’aller à l’appartement de John en emmenant avec lui la clé que ce dernier lui avait laissée.
Pierre dit à sa porte de s’ouvrir et appela l’ascenseur. Celui-ci vint rapidement bien que faisant un grincement très important. Un des quatre aéropropulseurs devait avoir dévié un peu et faisait frotter la cage métallique contre le tube en fer où il se trouvait. Pierre abandonna le palier aux tristes portes murées de son étage pour monter au 2679éme. En deux minutes, il y était. Les portes s’ouvrirent, laissant apparaître un autre palier aux portes murées, sauf une, celle de John.
Pierre appuya sur la sonnerie. Il attendit un peu avant de décider d’utiliser sa clé. Il la sortit de sa poche et l’activa.
― Porte ouvre-toi, dit la clé avec la voix enregistrée de John.
Cette phrase n’était pas une obligation, chacun pouvait demander à sa porte, s’il en avait encore, de s’ouvrir à la phrase qu’il désirait, que ce soit « porte ! » ou « sésame ouvre-toi », il suffisait de la programmer.
Pierre entra dans l’appartement laissant la porte ouverte derrière lui. Il ne craignait rien, car plus personne à part John et lui ne pouvait avoir accès aux paliers. Il alla jusqu’à la chambre de son ami, mais ce dernier n’y était pas. Il se dirigea ensuite dans le salon et eut alors un choc que sa puce cardiaque régula sans difficulté. John était allongé sur son sofa d’une façon très inhabituelle, le visage figé dans une expression de douleur et de tristesse immense. Pierre mit immédiatement la main sur son oreille pour appeler un centre de soins à domicile (ex-hôpital). En même temps il alla vers le téléporteur de John pour autoriser des téléportations venant du centre qu’il appelait.
Une demi-heure plus tard, les médecins dirent à Pierre que son ami était tiré d’affaire, qu’ils avaient pu le ranimer et le stabiliser. Ils ajoutèrent qu’il les avait appelés juste à temps et que quelques minutes de plus lui auraient été fatales. Après lui avoir donné une grille des horaires où ils allaient passer faire des contrôles, afin qu’il programme le téléporteur, les membres de l’équipe médicale s’en allèrent, laissant l’appareil de respiration artificielle sur place. En cas d’urgence rapporté dans leur centre de soins par les capteurs qu’ils avaient laissés sur John, il fallait laisser le téléporteur sur « accepter les téléportations d’urgence », dirent-ils à Pierre en lui montrant comment faire.
Ce dernier pu ensuite s’approcher de son ami qui était maintenant éveillé et lucide. Il constata qu’il était en train de pleurer.
― Que se passe-t-il ? demanda Pierre.
― Je n’arrivais plus à attendre, j’ai appelé ma belle-fille, dit John.
Pierre comprit aussitôt.
― Tu aurais dû me dire de venir avant de l’appeler, lui fit remarquer Pierre gentiment.
― Jean a disparu en mer après notre dernière conversation. La police pense qu’il est mort, expira-t-il en pleurant.
Pierre resta à côté de John toute la nuit jusqu’à ce que ce dernier tombe d’épuisement. Ensuite, il alla chercher quelques-unes de ses affaires chez lui, avant de revenir veiller son ami.