Chapitre 14 : Arthur’
A la pause-repas, Arthur’ se dirigea vers le téléporteur de la boutique en disant qu’il préférait aller manger chez lui aujourd’hui. On le salua et on lui rappela de ne pas revenir en retard, il avait seulement vingt minutes pour déjeuner. Il se téléporta chez lui.
― Menu commande-moi le même sandwich qu’hier, demande à ce qu’il ne me l’envoie que dans quinze minutes, valide directement l’achat.
Pendant qu’il disait cela il était allé prendre des papiers qu’il avait laissés près du téléporteur. Il se mit de nouveau sur le cercle lumineux de la machine. La lumière bleue le recouvrit avant de le laisser voir la fraction de seconde suivante les locaux de vente de la Galaxy Corporation.
― Bonjour Monsieur, lui dit une vendeuse, en quoi puis-je vous aider ?
― Bonjour Madame, j’ai ici quelques bons de réduction sur des téléporteurs, je voudrais m’en servir pour en acheter quatre de taille individuelle.
― Bien Monsieur, si vous voulez bien mettre vos mains sur la boule en regardant son centre.
Ce qui était communément appelé « la boule » était une sphère de métal qui servait à valider les achats. Elle reconnaissait les empreintes digitales de l’intégralité des deux paumes des mains et analysait l’iris de la personne qui l’utilisait, de façon à se connecter au compte en banque de l’acheteur et de valider la vente. Les achats par Internet avec livraison par téléporteur ne nécessitaient pas ce système car les coordonnées et codes bancaires de la personne étaient directement donnés par le téléporteur de l’appartement (ou par le téléporteur principal quand il y avait plusieurs téléporteurs en réseau). Les espèces et les monnaies n’existaient plus depuis bien longtemps, sauf dans quelques musées où elles étaient encore exposées. Tous les mouvements d’argent se faisaient par virement qui était autorisé par téléporteur (via carte de menu ou autre) ou par boule. L’unique devise était la monnaie mondiale, que chaque pays appelait dans sa langue mais qui était la même en réalité pour tout le monde.
― Pas de problème dit Arthur’, en s’exécutant.
Après trois secondes, la boule changea de couleur pour passer du gris métallique au vert métallique, montrant ainsi que la transaction était validée par l’établissement bancaire d’Arthur’. Quatre hommes portant les quatre machines arrivèrent.
― Votre achat est ici monsieur, dit la femme, voulez-vous que nous l’installions chez vous ?
― Oui, s’il vous plait. Je vous précède pour vous autoriser, dit Arthur’ en se mettant sur le cercle lumineux.
― Bien Monsieur, dit la vendeuse en faisant signe aux porteurs de le suivre, merci de votre achat Monsieur et à bientôt.
― Merci à vous, répondit Arthur’ avant de se téléporter.
Une fois chez lui il dit au téléporteur d’accepter pour un aller-retour unique les quatre personnes venant des locaux de la Galaxy Corporation. Quelques secondes après les quatre hommes étaient chez lui en train d’installer les téléporteurs, c’était rapide comme l’appartement en avait déjà un, il n’y avait qu’à créer un réseau, chose qui se faisait automatiquement lorsque des téléporteurs avait un même propriétaire. Après moins de deux minutes, le temps de simplement poser les machines aux endroits désirés, les hommes se retirèrent.
Arthur’ venait de faire installer des téléporteurs dans chacune des pièces de l’appartement où il vivait avec sa sœur et ses parents. Il y en avait maintenant un dans sa chambre, un dans la chambre de ses parents, un dans la chambre de sa sœur et un dans le salon, en plus de celui qu’ils avaient déjà à l’entrée devant l’endroit où vingt ans plus tôt il y avait encore une porte. C’était un cadeau qu’il voulait faire à sa famille depuis longtemps. Cela n’avait pas une très grande utilité, mais il aimait l’idée d’aller de sa chambre au salon en se faisant téléporter. Cela lui permettait de gagner une dizaine de secondes qu’il perdait avant à ouvrir sa porte, la fermer et aller à pied dans la pièce commune. Tous les membres de sa famille pourraient aussi revenir de leur travail directement dans leur chambre grâce à son cadeau. Il s’amusa à essayer tous les téléporteurs, allant d’une pièce à l’autre de l’appartement sans franchir aucune porte, vérifiant ainsi que tous fonctionnaient bien. Lorsque son sandwich arriva, quinze minutes exactement après qu’il l’ait commandé à son menu, il sut qu’il serait bientôt temps de retourner travailler. Il avala rapidement son repas, puis repartit au magasin en se demandant quelle serait la réaction des membres de sa famille en voyant son cadeau. Il avait demandé à pouvoir sortir du travail un peu plus tôt ce jour-là pour être présent lorsqu’ils rentreraient chez eux.
Alors qu’il venait de se faire téléporter sur son lieu de travail, il entendit la voix de son employeur lui dire :
― Bravo Maier ! T’es juste à l’heure ! C’est bien d’être ponctuel Arthur ! Comme dit ma mère : le monde appartient à ceux qui sont ponctuels !