Chapitre 13 : Le Centre Commercial Méditerrané
Arthur’ regardait les nouveaux modèles de livres numériques et autres artefacts de ce genre que le magasin venait de recevoir. En tant que vendeur, il se devait de connaître toutes les nouveautés sur le bout des doigts de manière à pouvoir en vanter les mérites. Il adorait tout ce qui était nouveau, il était facile pour lui d’en parler et d’inciter les gens à acheter car il était un véritable passionné. André’ Lee son employeur l’appela :
― Arthur, dépêche-toi on va bientôt ouvrir.
Cela faisait maintenant quatre ans qu’Arthur’ travaillait dans ce magasin qui se situait dans l’un des plus grands centres commerciaux au monde, construit sept ans auparavant à l’endroit où se trouvait encore la mer Méditerranée quelques années plus tôt. Les gens se téléportaient du monde entier pour venir y consommer. Car tout le monde n’aimait pas acheter par internet. Le contact du produit était quelque chose que de nombreux humains appréciaient. Internet était de plus en plus réservé aux classes les moins aisées, à ceux ayant des difficultés à se déplacer, aux personnes âgées et aux quelques excentriques refusant d’entrer dans un téléporteur.
Arthur’ avait vingt-cinq ans, c’était un garçon blond aux yeux bleus qui vivait encore avec sa sœur de deux ans sa cadette et ses parents. Son patron André’ Lee était un géant d’origine africaine qui avait pris le nom de sa petite femme coréenne après s’être marié.
Arthur’ alla jusqu’à la porte du magasin rejoindre André’ et les trente-deux autres vendeurs du magasin.
― C’est bon, je suis prêt, dit-il.
André’ annonça à la porte :
― Ça y est, on ouvre !
La grande herse du magasin s’enfonça dans le sol laissant apparaître les grands tunnels de plusieurs kilomètres du centre commercial. Des millions de magasins s’y trouvaient, tenus par des gens venus de la planète entière, et qui tous les matins venaient travailler en empruntant leur téléporteur.
Les gens originaires de différents pays parlaient toujours leur langue respective mais les puces de traduction, que l’alliance mondiale faisait mettre d’office dans les crânes des bébés à la naissance, permettaient à tout le monde de comprendre toutes les langues. Ainsi chacun parlait dans sa langue natale ou juste dans sa langue préférée, étant compris de tous et pouvant comprendre tout le monde.
Trente ans plus tôt personne sur la planète ne pouvait dire passer moins de quatre heures par jour dans des embouteillages et nombreux étaient ceux qui restaient un mois entier à dormir sur le lieu de leur travail. Ils prenaient ensuite tous leurs week-ends chez eux en fin de mois, sacrifiant pour cela plusieurs jours dans les embouteillages et autant pour revenir travailler un nouveau mois. Les téléporteurs avait changé cet aspect de la vie des gens en la rendant plus humaine. Tout le monde pouvait comme le faisait Arthur’ se réveiller seulement cinq minutes avant de commencer à travailler. Son réveil sonnait, il se levait, s’habillait et se téléportait. Il n’y avait plus de temps perdu. Les gens avaient récupéré ce qui leur avait été enlevé depuis très longtemps, leur temps libre.