Chapitre 10 : Les Grands Océans
Alors que tout le monde revenait petit à petit s’asseoir autour de la table ronde, Alberto’ D’Alino se rapprocha de son assistante.
― Vous avez pu en apprendre un peu plus sur ce qu’il se passe dans son groupement ? questionna avidement le leader des Grands Océans.
Tout le monde s’intéressait à ce qui pouvait arriver dans le camp de Léonard, même s’ils étaient parmi les moins nombreux, ils étaient les plus virulents et beaucoup de personnes auraient été heureuses d’apprendre la dissolution des Terres Bleues, car les gens de la Ligue pensaient pour la plupart que le fait que ce mouvement parallèle soit partie intégrante de leur groupement nuisait à l’image de la Ligue.
― Il était sur le point de me répondre lorsque vous êtes intervenu avec votre remarque si pertinente… de quoi aviez-vous peur ? Vous ne me faites donc pas confiance ? lui répondit sèchement Paméla’ en tournant la tête vers son chef.
― P-Pardon, lui répondit Alberto’ D’Alino, en baissant les yeux.
Ce dernier n’avait jamais vu sa jeune assistante, d’ordinaire plutôt réservée, parler comme cela à quelqu’un auparavant. Il se sentit vraiment mal à l’aise. Elle avait voulu l’aider en lui obtenant une information de première qualité en surmontant sa timidité et lui n’avait rien trouvé de mieux que de tout faire rater dans un élan de jalousie totalement injustifiée à la voir parler avec un autre leader de la Ligue. « J’ai vraiment été stupide sur ce coup », pensa-t-il. Néanmoins cela lui avait en tout cas permis de voir la vraie valeur de son assistante.
Paméla’ regarda son chef qui était pensif, il y avait comme une expression de déception sur son visage. Elle était très fière de sa dernière réplique, elle s’était elle-même surprise en répondant ainsi à son supérieur.
Quelques sièges plus loin le long du périmètre de la table ronde, elle vit que Thomas’ King l’observait en parlant à Léonard. Ce dernier regardait dans la direction de la porte qui menait à la salle du coffee break. Elle pu lire sur les lèvres du chef des Terres Bleues une partie de la réplique que celui-ci donna en réponse à la phrase que Thomas’ avait dit en la regardant « …très bonne idée… ».
A les regarder comme cela elle se demanda dans quelle situation elle serait maintenant si Léonard n’avait rien dit à Alberto’ D’Alino, ou pire s’il lui avait dit qu’elle venait de lui confesser qu’elle était d’accord avec lui sur plusieurs points… Dans ce cas-là, elle aurait probablement été renvoyée de son groupement devant tout le monde d’une manière extrêmement humiliante. Elle était vraiment reconnaissante au chef des Terre Bleues, pour ce qu’il avait fait pour elle. Même si ce n’était que quelques mots… en une seule petite phrase il lui avait sauvé la mise.