Chapitre 57: La nouvelle offensive marine
Raphaëlle qui venait de finir sa visite de la base du téléporteur flottant pour voir de quelle manière elle pourrait augmenter les dispositifs de sécurité, regardait en dessous d’elle les gens en train de s’agiter. Ben’ avait demandé au chauffeur d’aller le plus haut possible, sentant le danger. Sous leur véhicule d’innombrables animaux marins étaient en train de tourner dans tous les sens autour de la base.
― Finalement on dirait que ce ne sont pas les Terres Bleues ceux qui attaquent nos installations flottantes dit Raphaëlle.
― Effectivement, répondit Ben’, je ne pensais pas que les coupables étaient de simples animaux.
Raphaëlle et Ben’ purent entendre malgré leur altitude un terrible cri. Les bêtes se mirent alors à nager toutes dans le même sens. La base flottante commença à tourner sur elle-même doucement sous l’effet du courant que produisaient toutes les bêtes en tournant. L’eau se creusa lentement sous les installations de la Galaxy Corporation la faisant descendre sous le niveau de la mer. Toutes les personnes qui s’y trouvaient courraient dans tous les sens. Raphaëlle les voyait sous la forme de petits points qui allaient d’un endroit à l’autre de l’installation, elle trouvait cette image très pathétique et regrettait que ses employés ne soient pas un peu plus courageux et ne se comportent pas en hommes dignes de ce nom. Ensuite tout à coup l’eau se referma sur la base. Mais deux secondes après celle-ci apparut à nouveau.
― Cette base est plus récente et plus importante que les précédentes qui furent attaquées, ils ne pourront pas la couler aussi facilement dit Ben’ Mac Doyle d’un ton fier.
Toutes les bêtes marines s’étaient arrêtées de bouger et étaient la tête hors de l’eau en train de regarder les installations qu’elles n’avaient pas réussi à couler. Leur nombre continuait d’augmenter, de nouvelles têtes apparaissaient sans cesse de sous la surface de l’eau. Tout à coup elles levèrent toutes des bras, qu’elles avaient jusque-là cachés, vers le ciel et trois bosses apparurent en triangle dans l’eau autour des installations flottantes qui laissèrent apparaître trois créatures d’une centaine de mètres de hauteur chacune.
― Mon dieu… dit Ben’ les yeux grands ouverts.
Alors que le responsable de l’approvisionnement en eau des téléporteurs demandait au pilote de l’aérovoiture de prendre encore un peu plus d’altitude, Raphaëlle regardait les trois créatures géantes sorties de l’eau en se demandant comment elle pourrait les capturer pour les mettre dans l’un de ses musées.
Après l’arrivée des trois nouvelles créatures, les autres bêtes marines s’étaient reculées ne laissant plus que les trois nouveaux arrivants près de la base du téléporteur draineur d’eau. Les trois monstres étaient très semblables, ils avaient tous une peau bleu foncé sur un corps très musclé avec deux bras couverts de nageoires se terminant par des mains à quatre doigts. En guise de jambes ils n’avaient qu’une queue qui s’enfonçait dans l’eau en faisant des mouvements de zigzag qui malgré sa taille et ses mouvements ne produisait pas de vague. Une sorte de lueur violette sortait de leurs yeux.
Ils levèrent ensemble leurs mains vers le ciel. Une aura violette semblant provenir de leurs orbites les recouvrit, puis de la mer de fins traits de lumière violette avançant en ondulant commencèrent à apparaître à l’intérieur du triangle qu’ils formaient. Tous les traits allaient vers la base qui fut rapidement recouverte. Raphaëlle et Ben’ ne pouvaient plus voir autre chose qu’une grande source de lumière violette. Petit à petit la lumière se fit moins vive, les traits de lumière s’en allaient laissant lentement apparaître l’eau.
― Les installations… murmura Ben’ Mac Doyle, il n’y a plus rien…
Les trois géants marins aux yeux violets plongèrent dans l’eau et disparurent dans les profondeurs suivis de la majorité des autres bêtes marines. Quelques-unes restèrent à tourner en rond autour de l’endroit où quelques minutes auparavant était le téléporteur flottant.
― Il y a un véhicule au-dessus de nous à très haute altitude, dit le pilote de l’aérovoiture.
― Comment ? dit Raphaëlle surprise.
― On dirait un des transporteurs à énergie solaire comme il y en a à Dubaï.
― Ce sont les Terres Bleues ! Qu’est-ce qu’ils font là ?! s’exclama la directrice de la Galaxy Corporation.
― Ça ne m’étonne pas, dit Ben’ Mac Doyle, ils sont bien derrière cette attaque finalement, ils doivent contrôler les monstres marins que nous avons vus par un moyen ou par un autre.
Un éclair passa dans les yeux de Raphaëlle, avec une technologie permettant de contrôler les bêtes elle pourrait avoir plein de spécimens à exposer dans ses musées.
― Que faisons-nous ? demanda le pilote à Raphaëlle.
― Tirez-leur dessus, répondit-elle.
― Il y a un dispositif d’armement dans cette voiture ? s’étonna Ben’.
― Je ne sors jamais sans défense, dit Raphaëlle, jamais.
Le pilote appuya sur un bouton et l’écran de contrôle du véhicule changea, passant dans un mode de combat avec un viseur. Ce dernier verrouilla l’engin à énergie solaire qui était au-dessus d’eux.
― Je suis prêt à tirer, dit le pilote.
― Et qu’allons nous leur tirer dessus ? demanda le voisin de siège de Raphaëlle.
― Un missile Galax 80 Air-Air à tête trouveuse.
Les missiles Galax fait par la Galaxy Corporation étaient de petites roquettes qui avaient la propriété d’avoir une destruction totale et contrôlée de leur cible. Le numéro qui le qualifiait permettait de savoir leur puissance. Un missile Galax 80 lorsqu’il touchait sa cible créait une sphère désintégrante de quatre-vingt mètres cubes, plus rien ne restait de ce qui se trouvait dans cet espace, par contre ce qui se trouvait juste à côté ne subissait aucun dégât. Il s’agissait d’une arme de précision chirurgicale qui accompagnée d’une tête trouveuse ne pouvait qu’être fatale. La tête trouveuse, évolution de la tête chercheuse, permettait de frapper sa cible dans cent pourcent des cas, elle évitait les obstacles et suivait son objectif pendant des milliers de kilomètres s’il le fallait.
― On se baladait avec un truc pareil… dit Ben’ mal à l’aise.
― Feu, dit Raphaëlle.