Chapitre 54: Le secret des téléporteurs draineurs d’eau
Léonard, Akira et un pilote du Renouveau se trouvaient au-dessus d’un téléporteur du Nord de l’Atlantique Sud dans un transporteur à énergie solaire. De là où ils étaient les installations flottantes de la Galaxy Corporation n’étaient pas plus grandes qu’une fourmi. Ils étaient obligés de se maintenir très haut pour être sûr de ne pas être repérés. Akira et Léonard, lorsque le pilote les avait prévenus qu’ils étaient au-dessus de leur cible, étaient allés dans une cabine à l’arrière du transporteur, où un écran principal géant, des dispositifs d’analyse, de contrôle et d’enregistrement étaient installés.
― Nous allons procéder au lancement du premier robot, nous en avons trois, dit Akira. L’un d’entre eux au moins doit arriver dans le téléporteur et être aspiré avec l’eau.
L’ingénieur appuya sur plusieurs boutons de son système de contrôle. L’écran était maintenant allumé, bien que ne montrant qu’une image noire. Une lumière qui venait de derrière de la caméra qui donnait les images à l’écran s’alluma et Léonard pu voir une sorte de porte pendant quelques secondes avant que la lumière ne s’éteigne et que tout redevienne obscur.
― Tout semble marcher, j’ai muni le robot d’un système d’éclairage au cas où il n’y ait pas de lumière là où va l’eau.
― Bonne idée, dit Léonard.
Akira Kanzaki donna une télécommande vocale à Léonard Rei.
― C’est avec cela que nous allons commander le robot, à vous l’honneur, dites « En avant ».
― En avant, dit le leader du Renouveau.
L’écran qui était sombre devint immédiatement très lumineux, le robot était en chute libre.
― Il ne va pas être détruit en touchant l’eau ? demanda Léonard.
― Non avant de toucher l’eau de petits réacteurs silencieux atténueront suffisamment la chute pour que la coque du robot puisse encaisser le choc sans dommage.
― Et vous ne craignez pas que les employés de la Galaxy Corporation ne le voient tomber.
― Nous nous sommes mis exprès juste au-dessus du téléporteur. Il y a un vent Nord-Nord-Est assez puissant qui est en train de pousser le robot, il arrivera suffisamment loin des installations pour que personne ne le remarque, le robot devra alors avancer sous l’eau pour être aspiré dans la machine.
― Vous avez pensé à tout.
― J’espère, répondit Akira.
Les deux hommes regardèrent l’écran jusqu'à ce que le robot rentre dans l’eau.
― Le robot n’a pas subi de dommage, dit Akira qui le contrôlait avec un écran tactile, il est en parfait état de marche.
― Bien faites-le aller vers le téléporteur. Je sens que l’un des secrets les mieux gardés de la Galaxy Corporation est sur le point de nous être révélé.
D’après l’entreprise de Raphaëlle Galaxy, l’eau absorbée par les différentes stations draineuses des océans, était envoyée par téléportation dans tous les téléporteurs de la planète pour les approvisionner en eau, sachant qu’à chaque téléportation l’appareil utilisait un litre du précieux liquide. Cette quantité d’eau, que chaque téléporteur stockait avant de la consommer, était immédiatement remplacée après utilisation, grâce à l’approvisionnement qu’offraient les téléporteurs draineurs d’eau.
Si le robot arrivait quelque part, ce serait la preuve irréfutable que la Galaxy Corporation avait menti pendant toutes ces années. Par contre, s’ils avaient dit la vérité, alors le robot-espion du Renouveau se retrouverait détruit dans l’un des téléporteurs de la planète ou des colonies, détruisant par la même occasion la machine dans laquelle il aurait été envoyé.
― Il y a un courant marin contre nous, dit Akira, c’est pour cela que le robot n’avance pas vite sous l’eau.
A côté de l’écran principal, qui montrait les images données par le robot, un autre moniteur, plus petit, montrait sa position par rapport à la cible sous la forme d’un point rouge clignotant qui avançait tout doucement vers son but.
Akira se concentrait plus sur des données d’analyse du courant marin et sur les commandes qu’il donnait au robot plutôt que sur l’écran, dont les images étaient enregistrées de toute façon.
Léonard, lui, fixait l’écran, la visibilité dans l’eau était assez bonne, meilleure qu’il n’avait imaginé.
Alors qu’il regardait les images attentivement voyant que le robot se rapprochait de plus en plus de son objectif, quelque chose passa devant la caméra.
― Vous avez vu ça ? demanda Léonard.
― Non, je ne regardais pas, pourquoi ? Qu’avez-vous vu ?
― Je ne suis pas sûr, mais quelque chose vient de passer très vite devant notre robot.
― Vraiment ? dit Akira en regardant à son tour l’écran.
Les deux hommes restèrent ainsi à fixer les images vidéo sans bouger. Après une vingtaine de secondes d’observation, quelque chose passa à nouveau devant le robot.
― Vous avez vu !? s’exclama Léonard, qu’est-ce que c’est ?
― Je ne sais pas, on dirait que ça a une queue de plusieurs mètres, c’est peut-être une espèce de serpent marin, je ne m’y connais pas vraiment dans le domaine, c’est dommage qu’Hitomi ne soit pas là. Enfin on lui montrera les images après. J’espère que cette bête ne va pas abîmer le robot…
― Moi aussi, dit Léonard, mais apparemment ce serpent a l’air bien intéressé par notre espion…
Alors qu’ils parlaient, la bête avait commencé à faire des cercles autour du robot.
― On ne voit qu’une ombre avec une longue queue tellement elle va vite… Je me demande quelle tête a cet animal.
Akira laissa l’écran à contre cœur, mais il fallait qu’il continue à contrôler les déplacements du robot et à analyser tout ce qui pouvait l’être.
― Il se passe quelque chose là-dessous, dit-il en regardant un écran qui montrait la plateforme flottante vue du dessus, une aérovoiture vient de se poser.
Akira zooma dessus,
― Tout le monde sur la plateforme va vers l’aérovoiture, dit Akira en appuyant sur un bouton qui lui permit d’avoir une image rapprochée de ce qu’il regardait. Il pu ainsi voir qui venait de sortir du véhicule.
― Oh ! Mais c’est la reine des reines !
― Qui ça ? demanda Léonard.
― Madame Galaxy en personne, en visite sur une de ses plateformes de drainage.
Léonard vint regarder ce qu’il se passait au-dessous, c’était effectivement Raphaëlle Galaxy,
― Bizarre, je ne crois pas qu’elle soit venue sur ce genre de plateforme auparavant… dit Léonard avant de retourner voir l’écran qui montrait les images du robot.
Alors qu’il regardait à nouveau vers le moniteur géant, il constata que ce dernier était obscur.
― Il n’y a plus d’image, dit-il à l’ingénieur.
Akira regarda à son tour.
― Pourtant on capte encore le signal du robot dit-il en regardant l’écran avec le point rouge clignotant.
Moins de trois secondes après qu’il ait dit cela le point rouge cessait de clignoter.
― Que s’est-il passé ? demanda le leader du Renouveau.
― Je ne sais pas, répondit l’ingénieur, je vais repasser les dernières images que nous ayons.
Akira demanda à l’écran principal, qui était relié au dispositif d’enregistrement, de repasser les vingt dernières secondes avec des images.
Les deux hommes purent alors voir la bête toujours en train de tourner autour du droïde. Puis brusquement l’image disparut.
― Ecran repasse les deux dernières secondes au ralenti et arrête-toi sur la dernière image reçu du robot, demanda l’ingénieur.
La machine s’exécuta.
― C’est… dit Léonard étonné.
― On dirait un visage, continua Akira Kanzaki, ça ressemble beaucoup à un visage humain hormis les couleurs.
L’écran principal montrait l’image d’un visage aux allures humaines, mais de couleur bleu clair, un peu transparent et avec des yeux lançant une lumière violette.
― Vous pensez que c’est ce qui a détruit le robot ? demanda Léonard.
― Je ne pense pas, on ne voit rien à l’image qui semble frapper le robot, je crois qu’il a été détruit par derrière… attendez…
Akira se dirigea vers un ordinateur situé à côté du dispositif d’enregistrement qu’il venait d’utiliser. Il écrivit des commandes sur l’écran tactile de la machine en disant à Léonard qu’il était en train de reconstituer ce qui pouvait l’être de la bête marine à partir des images qu’ils en avaient.
― C’est ce que je pensais, le visage est celui de la bête à la longue queue, il a dû détruire le robot avec sa queue par l’arrière lorsque le droïde nous a envoyé ses dernières images.
― Ils y auraient des êtres au visage si semblable au nôtre dans les océans sans que nous le sachions ?
― On dirait… mais je propose de nous concentrer sur notre mission de base, nous pourrons revenir plus tard pour étudier ces êtres. Notre mission maintenant est de mettre un drone dans le téléporteur d’eau et nous venons de perdre l’une de nos trois chances…
― Vous avez raison, dit Léonard, lançons le deuxième robot.