Chapitre 7 : Les téléporteurs

Publié le par Charles

 

Les débuts des téléporteurs n’avaient pas été chose facile. Même si les gens étaient toujours enthousiastes à l’arrivée de nouvelles technologies, entendre parler d’une machine qui vous atomisait pour vous reconstruire à un autre endroit faisait peur. Le principe de ces machines était celui-ci : à partir de l’une d’entre elles vous pouviez rejoindre n’importe quelle autre sous réserve d’y penser et d’être autorisé à y aller.

De grandes campagnes de publicité avaient été menées, donnant à chaque fois des exemples très simples et détaillés de l’utilité des nouvelles machines.

 L’un d’entre eux représentait Monsieur X qui avait entendu parler d’une plage et souhaitait s’y rendre. Il se dirigeait vers son téléporteur, qui n’était rien d’autre qu’une plaque métallique circulaire sur le sol projetant une lumière bleue sur toute sa surface, et se positionnait au centre. Il disparaissait alors dans la lumière bleue et se retrouverait la seconde d’après dans celle du téléporteur de la plage où il avait souhaité se rendre. Lorsqu’il voulait rentrer chez lui il n’avait qu’à faire l’opération inverse : se mettre sur un des téléporteurs de la plage, qui le plus souvent étaient des téléporteurs beaucoup plus grands, publics, pouvant permettre à de nombreuses personnes d’aller chacune à l’endroit qu’elles souhaitaient simultanément.

La publicité était aussi très axée sur la sécurité que donnaient ces nouvelles inventions : Si Monsieur Y souhaitait aller chez Monsieur X sans y avoir été invité, Monsieur Y une fois rentré dans la lumière bleue ne serait pas téléporté tout de suite. Avant cela Monsieur X recevrait une communication venant de son téléporteur lui demandant s’il souhaitait laisser Monsieur Y se téléporter chez lui. S’il acceptait, Monsieur Y serait téléporté, sinon il resterait dans la lumière bleue de son téléporteur sans que rien ne se soit passé et serait notifié dans les dix secondes du refus de Monsieur X de le recevoir.

Il était également détaillé lors des spots publicitaires qu’il était possible de programmer son téléporteur pour accepter tout le monde, personne ou seulement certaines personnes. Si on le désirait, on pouvait également n’accepter la venue de tel ou tel individu qu’à certains horaires. Par exemple si Madame Z, femme de ménage de Monsieur X venait toujours entre 13h et 13h30 le jeudi, Monsieur X pouvait autoriser sa venue dans cette tranche horaire de la semaine. Ainsi, si Madame Z voulait profiter de son autorisation de se faire téléporter chez Monsieur X pour lui dérober des choses la nuit, elle ne pouvait pas. Par contre elle pouvait aller faire son travail à l’heure prévue sans problème.

Les services publics avaient beaucoup aimés cette option et s’en servaient énormément. Grâce à cela ils étaient sûrs de pouvoir fermer à quinze heures pile, après deux heures de travail acharné au service des contribuables sans que personne ne vienne les implorer de les accepter lorsque l’heure de la fermeture était passée. 

 
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Publié dans Livre: Terre Bleue

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