Chapitre 98

Publié le par Charles

 

Magni et les autres géants de glaces attendaient le retour de Victoire’ qui était partie cinquante minutes plus tôt.

    Que faisons-nous, si elle ne revient pas ? demanda l’un d’entre eux.

    Nous trouverons un autre moyen, répondit Magni.

Les géants avait pris Victoire’ au mot et allaient considérer qu’elle ne reviendrait jamais si elle n’était pas là exactement une heure après son départ. Beaucoup d’entre eux étaient persuadés qu’elle ne reviendrait jamais de toute façon puisque son corps avait été détruit devant leurs yeux.

    Regardez, cria un géant, dans le ciel !

Magni tourna la tête dans la direction qui avait été indiquée et vit des milliers de petits points noirs dans les airs.

    On dirait que ça vient dans notre direction, dit-il.

La horde de géants regarda s’approcher ces points noirs qui devenaient de plus en plus gros.

    Ce ne sont pas des oiseaux, dit le géant qui avait porté Victoire’.

En cinq minutes les aérochars étaient à leur niveau se déplaçant de manière à les entourer, tout en gardant une bonne hauteur de sécurité.

    Le démon nous a menti, elle est allée chercher ces choses, elle n’a jamais voulu nous aider, dit un des géants.

Une voix d’homme venant des véhicules volant se fit entendre, sans que les géants n’arrivent à identifier d’où venait réellement cette voix.

    Nous savons que vous avez une otage. Si vous ne la relâchez pas tout de suite nous allons faire feu.

    Nous ne vous craignons pas, monstres de métal. Allez-vous en avant de recevoir notre courroux.

Lune’, Maria-Fernanda’, Arthur’ et Wilhelm’ se regardèrent.

    Que faisons-nous ? demanda Wilhelm’.

    Je ne vois pas d’humains avec eux, fit remarquer Arthur’.

    J’espère qu’ils ne lui ont pas fait du mal, dit Maria-Fernanda’.

    Ils l’ont peut-être mangée, dit Lune’.

Maria-Fernanda’ fut horrifiée par une telle idée. L’image du corps de la conservatrice déchiré par les dents de glace de ces choses la révulsait.

    Je n’arrive pas à croire qu’ils soient réels, dit Arthur’, nous devrions essayer de parler avec eux et savoir ce qu’ils veulent.

    Non on va leur taper dessus, dit Lune’ en regardant Wilhelm’.

    Mais ils n’ont rien fait contre nous, ils n’ont même pas encore répondu, dit Arthur’.

    Ma sœur m’a dit que pour régler les choses avec les géants il faut leur taper dessus, si elle l’a dit c’est que c’est vrai.

    Bien compris, dit Wilhelm’ avant de se téléporter dans le char de commande, laissant Arthur’ désespéré de ne plus rien pouvoir faire.

Wilhelm’ après s’être téléporté ordonna l’assaut. La première ligne de chars tira au canon désintégrant.

Magni au sol vit comment des centaines de ses frères se firent transpercer par des rayons de lumière.

    Protégez-vous ! cria-t-il.

Tous les géants levèrent un bras en direction des machines et créèrent d’énormes boucliers de glace. Ceux qui avaient été touchés par la première vague de tirs de canons désintégrants mais dont les os n’avaient pas été atteints, se reconstituèrent rapidement et se protégèrent comme les autres.

Une deuxième vague de tir se fit et les boucliers des géants furent troués par les rayons désintégrants qui touchèrent plusieurs d’entre eux. Mais le fait d’avoir percé d’abord le bouclier de glace si dense avait diminué la puissance des rayons qui touchaient les corps des géants et ces derniers purent tous se reconstituer ainsi que leur bouclier.

    Les géants semblent avoir trouvé un moyen de se protéger, dit un lieutenant de Wilhelm’.

    Intensifiez les tirs, répondit le Général.

Les milliers de machines de guerre se mirent à tirer à répétition. Les géants recevaient de plein fouet l’attaque de l’armée de la Galaxy Corporation. Ils subissaient beaucoup de dégâts. Ceux qui n’avaient pas le temps de reconstituer leur bouclier entre deux coups de rayon désintégrateur tombaient inanimés sur le sol lorsque leurs os avaient été atteints et commençaient à fondre.

    Combien de temps reste-il ? demanda un géant à Magni.

    Il reste trois minutes, nous devons tenir.

    Et si elle ne revient pas ?

Magni ne répondit pas tout de suite à cette dernière question. Il concentra toutes ses forces pour faire sortir un pic de glace de sa main libre alors qu’il maintenait le bouclier de l’autre. Puis en jetant le pic comme une lance sur l’un des engins il cria :

    Si ce n’est pas le cas nous affronterons nos ennemis et mourront comme des géants de glace !

La machine fut transpercée par le pic de glace de plusieurs mètres qu’il avait lancé et tous les autres géants hurlèrent « S’il le faut nous mourrons, mais comme des géants de glace ! »

Plusieurs d’entre eux commencèrent à faire des pics et à les lancer sur les véhicules mais étant moins doués que Magni en faisant cela ils avaient diminué la résistance de leur bouclier et plusieurs furent transpercés, réussissant néanmoins à détruire quelques véhicules avant de disparaître.

Lune’ et ses acolytes avait prit un peu de recul depuis que les géants commençaient à riposter.

    Regardez ! dit Maria-Fernanda’, sur le téléporteur, quelqu’un vient d’arriver.

Elle regarda bien et continua,

    Je crois que ça pourrait être la conservatrice, dit-elle, on dirait qu’elle a quelque chose à côté d’elle. Vous devez leur dire de ne pas lui tirer dessus.

Lune’ appela le général pour lui dire de faire attention de ne pas toucher la dame qui venait d’arriver.

Magni lorsqu’il vit la tête de Bolthorn sur le téléporteur appela les trois autres géants qui avaient pris les ossements de celui-ci. Ils les déposèrent tous en un monticule à côté de la tête. Puis commencèrent sans se contrôler les manipulations nécessaires à la résurrection de leur chef, baissant toute leur défense. Les autres géants voyant cela se regroupèrent en essayant de les protéger des tirs qu’ils essuyaient.

    Que ce passe-t-il ici, demanda Victoire’ ne comprenant rien à la situation.

    Qui es-tu démon ? demanda un des géants.

    Vous n’allez pas recommencer avec ça, dit-elle, je viens de vous ramener la tête que vous vouliez et je m’appelle Victoire Beuffée.

    C’est vrai que tu lui ressembles, mais nous pouvons sentir que ce n’est pas toi, dit le géant.

    Laisse-la et concentre-toi, dit Magni. Je la crois moi, elle est revenue avec la tête. Je crois que c’est leur machine qui nous donne cette sensation d’aberration née du vide, je la ressens même dans la tête de Bolthorn, je ne sais pas si nous pourrons le faire revenir.

Victoire’ vit le squelette s’assembler et se relever tout seul, même tous les fragments des jambes s’étaient ordonnés parfaitement tous seuls à leur place. Ensuite il se couvrit d’une couche de glace violette, puis se développa dans un cube de glace blanche. Tout se passait beaucoup plus vite maintenant que les géants étaient aussi nombreux. Elle avait compris que les géants semblaient sentir en elle et en la tête quelque chose venant des téléporteurs qu’ils ne leur plaisaient pas. Elle se rappela que tous les squelettes avaient été amenés au musée par des transporteurs et que la première téléportation d’un de leurs ossements fut seulement lorsque Vladimir’ emmena la tête.

Wilhelm’, en voyant le rassemblement de géants autour de la femme qui venait d’arriver et de ce qu’elle avait ramené, appela Lune’ pour lui demander l’autorisation de tirer sur eux malgré la présence de la conservatrice, car ils semblaient préparer quelque chose d’anormal qui pourrait être une arme spéciale. Il lui annonça par la même occasion que plus de vingt pourcent des squelettes avaient été tués et que un peu moins de dix pourcent des chars sur place avait été détruits par leur contre attaque. Lune’ ne sachant pas quoi faire essaya d’appeler sa sœur, mais elle était encore une fois injoignable. Elle se rappela ce que cette dernière lui avait dit lors de leur dernière conversation et donna son autorisation à Wilhelm’. Le général en s’adressant à son lieutenant dit,

    Envoyer leur un missile Galax 400 à direction linéaire, on va voir si ça les fait se disperser.

Les géants virent le missile venir dans leur direction laissant une traînée blanche de fumée derrière lui. L’un d’entre eux, qui avait déjà préparé un pic de glace dans sa main, le lança dessus avant de se faire transpercer par deux coups de canon désintégrant. Le missile Galax 400 explosa dans les airs, faisant disparaître le pic et tuant tous les géants les plus proches.

    Ils sont habiles avec leurs pics, dit le général, puisque c’est comme ça, envoyons-leur une pluie de ces missiles, nous verrons s’ils peuvent tous les arrêter en continuant de se protéger des canons.

Lune’ qui avait bien aimé le début de la bataille voyaient les véhicules de guerre exploser sous les pics de glace lancés par les géants et contemplait ces derniers se faire tuer malgré leur courage et leur détermination. Elle ne trouvait plus rien d’amusant à ce qui était en train de se passer. Elle demanda au pilote de s’éloigner davantage et appela le général pour lui dire d’arrêter de tirer. Alors que les centaines de lignes faites par les missiles Galax se dessinaient le général lui répondit que c’était totalement impossible de s’en aller maintenant, car en cessant les tirs les géants pourraient leur envoyer des pics de glaces beaucoup plus facilement et ils perdraient beaucoup d’hommes.

Les géants virent arriver les centaines de roquettes qui venaient dans leur direction après avoir vu ce qu’une seule d’entre elles était capable de faire. Ils baissèrent leur défense en formant dans chacune de leur main des pics qu’ils lancèrent en direction des missiles alors qu’ils se faisait transpercer par les canons désintégrateurs dont ils ne se protégeaient plus. Nombre des missiles explosèrent mais un peu plus d’une dizaine parvinrent à échapper aux pics et se dirigeaient droit sur Magni et Victoire’. Cette dernière les regarda approcher d’elle voyant sa dernière heure arriver. Lorsque tout à coup, tout se stoppa autour d’elle. Elle se demanda si elle était morte. Plus personne autour d’elle ne bougeait. Les missiles comme les pics de glaces étaient figés dans les airs. Elle regarda tout autour d’elle, espérant voir tout au moins un seul géant encore capable de bouger mais elle était la seule. Le sol se mit alors à bouger autour d’elle. Puis un géant ailé d’au moins quatre vingt mètre de haut apparut devant elle. Il était fait de glace violette et couvert d’une armure violette claire beaucoup plus belle que celle des autres géants.

    Qui es-tu ? demanda le géant.

    Je suis Victoire Beuffé, c’est moi qui vient de vous ramener votre crâne, je cherche à vous aider.

    Qu’as-tu fais à ma tête, je ne la reconnais pas, elle me fait atrocement souffrir.

    Rien, elle est bien tombée par terre avant que je vous la ramène mais elle n’avait pas l’air d’être abîmée.

    Tu es une aberration du néant, dit Bolthorn.

    Ça recommence, pensa la conservatrice.

Bolthorn regarda autour de lui la bataille qui était en train de se dérouler.

    Le temps est bloqué, dit-il.

    Oui, je pensais que vous étiez le responsable.

    Non, ce n’est pas moi, mais je sais qui a fait cela.

Bolthorn s’envola et commença à ramasser tous les missiles qu’il y avait dans les airs et posa chacun d’entre eux sur les chars volant d’où venait la traînée de fumée de la roquette.

Victoire’ le regardait faire. Il ne bougeait pas ses ailes pour voler, c’est comme s’il était capable de flotter dans les airs par magie.

    Excusez-moi, dit-elle en courant après le géant, comment faites-vous pour vous déplacer comme cela ?

    Que veux-tu dire ? répondit Bolthorn.

    Comment arrivez-vous à voler comme cela ?

Bolthorn regarda à ses pieds et vit qu’il ne touchait plus le sol.

    Je vole, constata-t-il.

    Je sais, répondit Victoire’, mais comment faites-vous ? Vous ne bougez même pas vos ailes.

Bolthorn se posa et regarda derrière lui.

    J’ai des ailes… et je vole… dit-il. Je ne sais pas comment je fais… je n’ai jamais pu voler et je n’ai jamais eu d’ailes. Ce sont probablement des cadeaux de celle qui nous a fait revenir.

    De qui parlez-vous ? Vous savez qui vous a fait revenir ?

    Oui, répondit le géant de glace ailé en levant les bras au ciel.

Des fils de lumière violette, faisant penser à des racines, sortirent du sol et vinrent autour des géants qui avaient eu certains de leur os détruits et qui étaient en train de fondre sur le sol avant que le temps ne s’arrête. Victoire’ regarda sans rien dire ce qui était en train de se passer. Les corps des géants blessés ou tués semblaient être soignés par ces fils.

Tout à coup le temps reprit son cours et de nombreuses explosions se firent entendre. Il s’agissait des missiles Galax 400 qui venaient de détruire les engins qui les avait lancés. Tout les géant tombés se relevèrent et commencèrent à lancer à nouveau leurs lances de glace contre leurs assaillants, alors que Bolthorn s’élevait dans les airs en formant une longue épée de glace dans sa main droite.

Alors qu’il regardait le géant ailé pourfendre ses chars avec son arme géante, Wilhelm’ ordonna à tout le monde de prendre de l’altitude et de s’enfuir à vitesse maximum dans toutes les directions.

Nombreux furent les véhicules qui furent détruits avant de pouvoir s’en aller. Le général se téléporta dans l’aérovoiture de sa supérieur où il vit Lune’ en train de pleurer dans les bras de Maria-Fernanda’.

Lorsque tous leurs ennemis eurent disparu, Bolthorn posa pied à terre et fut acclamé par tous ses frères. Ils n’en revenaient pas de le voir si changé.

    Nous sommes heureux de te revoir Bolthorn, dit Magni. Nous avons beaucoup voyagé pour te retrouv…

Bolthorn était tombé à genou alors que Magni finissait sa phrase.

    Que se passe-t-il ? demanda Magni, tu vas bien ?

    Oui, je vais bien, j’ai juste une sorte de douleur intérieure, j’ai l’impression que mon corps n’accepte pas ma tête et qu’il y a un conflit entre eux deux. Ça me lance, mais ça va passer.

Les géants attendirent patiemment que Bolthorn se relève après que le gros de la douleur soit passé avant de lui poser toutes les questions qu’ils avaient pour lui.

    Nous ne savons pas pourquoi nous sommes là… dit Magni. Nous ne nous souvenions même pas que nous étions morts avant que ce dem…

Magni vit Victoire’ des dizaines de mètres plus bas en train de le regarder méchamment.

    Euh… avant que cette… créature ne nous le rappelle.

Bolthorn regarda à ses pieds pour voir Victoire’. Il était surpris de l’espèce de complicité qu’il avait cru noter entre son descendant et l’aberration du néant qui lui avait rendu sa tête.

    Ne vous en faites-pas, je le sais. Celle qui nous a fait venir m’a tout expliqué dans le rêve que je faisais avant de vous rejoindre. Nous devons allez voir les Nagas pour les aider dans leur quête.

    Les Nagas ? répéta Magni, ce serait eux qui nous auraient fait revenir ?

    Non, mais ils servent celle qui nous a ressuscités, termina Bolthorn en commençant à marcher vers le Sud-est.

Victoire’ vit tous les géants s’en aller, l’abandonnant au milieu des débris d’explosion des chars aéroportés.

    Hey attendez-moi ! cria-t-elle

    Quoi ? demanda Magni.

    Où allez-vous ? demanda-t-elle, pourquoi ne m’emmenez-vous pas avec vous ?

    Nous allons à Mutlantis voir les Nagas.

    Laissez-moi venir avec vous, implora-t-elle, je vous ai aidés, je veux vous suivre, je veux voir où vous allez.

    Tu ne peux pas nous suivre là ou nous allons, parce que tu respires.

    Mais où est le problème ? demanda Victoire’

    Tu ne pourras pas faire le voyage marin que nous devons faire.

    Vous allez dans l’eau ? demanda-t-elle.

    Je viens de te dire que nous allions à Mutlantis, le continent caché sous les océans où vivent les Nagas.

    Mais il doit y avoir un moyen pour moi de vous suivre, dit-elle.

    Oui, il y en a un, mais je ne te garantis rien. Il faudrait que je t’enferme cette fois-ci totalement dans la glace au point de te geler. Cette partie sera facile. Mais après il faudrait que j’arrive à faire remonter la température de ton corps et faire repartir ton cœur sans que je ne t’abîme… cette partie-là sera beaucoup plus difficile.

    Mais c’est possible ? demanda Victoire’ qui ne voulait pas rater sa chance de voir un continent caché.

    Oui, il y a environ cinquante pourcent de chances que ça marche.

    Alors je veux venir, conclut Victoire’.

    Comme tu voudras, dit Magni, c’est à tes risques et périls.

Il mit sa main au-dessus d’elle et la congela. Il prit le triangle de glace dans lequel il l’avait enfermée et s’en alla rejoindre les autres.

 

 

Publié dans Livre: Terre Bleue

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