Chapitre 96

Publié le par Charles

 

Toutes les personnes conviées à la réunion du Renouveau avaient passé sans problème le test cérébral très court qui consistait en une seule question « Pouvons-nous avoir confiance en vous ? ». Il n’y avait eu aucune exception à ce test même Léonard Rei y été passé, donnant ainsi l’exemple.

Paméla’ alors qu’elle passait le test avait demandé à Léonard pourquoi il ne le faisait pas passer à l’ensemble de ses membres, voir à tous les habitants de Dubaï, pour pouvoir retrouver celui qui avait activé les téléporteurs du hangar et qui était responsable de l’intrusion de la Galaxy Corporation. Léonard lui avait répondu que tous les membres ayant accès à ce hangar avaient passé le test, mais que personne n’avait menti. Il continua en lui expliquant que l’analyse de tous les membres ou encore de tous les habitants de Dubaï, en plus d’être compliquée, risquait d’être inutile. Il lui confia que selon lui, soit la personne en question avait déjà fui et resterait à jamais inconnue, soit était l’un des gardes tués. Paméla’ avait été surprise en écoutant cette réponse. Le leader du Renouveau lui avait expliqué que les enquêtes n’avaient mené à rien et que toutes les personnes qui avaient passé des tests cérébraux ne mentaient pas. Il avait donc émis l’hypothèse, rien de plus, qu’un des gardes aurait activé l’un des téléporteurs, laissant la Galaxy Corporation faire ce qu’elle voulait. Les hommes de la compagnie auraient pu eux-mêmes trouver un moyen d’effacer les images du système de surveillance de manière à semer encore davantage le trouble dans le Renouveau. Ensuite avant de partir ils auraient pu tuer le garde de la même manière qu’ils avaient tué les autres. Léonard avoua que cette hypothèse avait néanmoins une faille qui était que tous les gardes comme toutes les personnes importantes du mouvement passaient un test cérébral par an.  Mais le dernier test des gardes ayant eu lieu environ huit mois auparavant, peut-être que l’un d’entre eux aurait pu changer de camp pendant ce laps de temps. Paméla’ avait été impressionnée par l’analyse de Léonard mais n’avait pas osé lui dire.

Les personnes présentes à la réunion étaient: Alberto’ D’Alino avec quelques-uns de ses assistants, Akira Kanzaki qui n’était venu qu’en compagnie d’Hitomi Toriyama, Thomas’ King, Paméla’ Maier qui s’était assise entre Alberto’ et Thomas’, et Léonard Rei.

Lors de la première partie de la réunion, des extraits des images filmées par les robots et par le transporteur qu’avait utilisé Akira et Léonard lors de leur dernière excursion furent projetés. Suivirent quelques commentaires sur le sujet. Cela prit un peu plus de trois quart d’heure et lorsqu’ils terminèrent, Léonard invita tout le monde à aller au coffee break qui avait été installé dans une pièce adjacente pour faire une pause de dix minutes. Thomas’ s’était levé et avait accompagné Léonard pour aller prendre quelque chose, laissant comme ils l’avaient prévu Alberto’ et Paméla’ seuls l’un à côté de l’autre. Celle-ci put ainsi parler avec son ancien supérieur. Maintenant qu’elle le revoyait, elle ne lui trouvait vraiment aucun charme. En l’écoutant il lui donnait vraiment l’impression de parler pour ne rien dire. Elle put constater qu’il n’avait pas vraiment de question à lui poser et que les Grands Océans pour l’instant n’avaient pas de projet en dehors du Renouveau. Alberto’ semblait très content d’avoir quitté la Ligue et remercia plusieurs fois Paméla’ de lui avoir permis de faire partie du Renouveau en l’encourageant à y rentrer. Alors qu’ils étaient en train de parler, Léonard entra dans la salle et dit,

    J’espère que je ne suis pas en train d’interrompre quelque chose !

Alberto’ devint écarlate.

    Bien sûr que non, répondit-il.

Léonard tourna les yeux vers Paméla’ et la vit lui faire un charmant sourire, apparemment elle au moins avait compris la blague qu’il venait de leur faire. Tout le monde entra dans la salle à nouveau et la conférence reprit.

    Bon, commença Léonard, maintenant que tout le monde est au courant de ce que nous avons découvert, nous devons décider de ce que nous allons faire. Je pense que nous devrions nous concentrer sur les téléporteurs, l’endroit où ils envoient l’eau de notre planète et les êtres qui semblent vivre là-bas.

    Je suis d’accord, dit Akira, les créatures marines semblent être dirigées uniquement contre la Galaxy Corporation en ce moment. Donc malgré l’intérêt scientifique qu’elles représentent je pense que nous devrions les laisser de côté et nous concentrer sur ces êtres gris.

    Ne pensez vous pas que ces créatures des océans pourraient être de grands alliés pour nous ? demanda Alberto’ D’Alino, après tout si elles vivent dans l’eau elles doivent vouloir la préserver, c’est probablement pour cela qu’elles s’en prennent aux téléporteurs draineurs.

    Si, répondit Léonard, encore que nous ne soyons pas totalement certains de leur but. Mais nous n’avons pas de moyen sûr de les contacter. Si nous allons à leur rencontre, il y a une grande probabilité pour que toutes nos puces soient désactivées ainsi que toutes armes que nous pourrions prendre pour notre défense. Vous comprenez donc que ce serait très dangereux.

    Nous avons besoin de plus d’information et peut-être d’un moyen de contrer leurs technologies avant de pouvoir prendre le risque d’aller à leur rencontre, continua Akira.

    Et que comptez-vous faire avec cette autre planète qui vole notre eau ? demanda Alberto’, les données que vous avez collectées permettent de déterminer une zone de l’espace où elle devrait se trouver n’est-ce pas ?

    Oui, répondit l’ingénieur, mais la zone en question est beaucoup trop grande pour que nous puissions identifier la planète. Le seul moyen de la localiser serait d’y renvoyer un robot et que celui-ci ne se fasse pas détruire pendant sa localisation.

    Je comprends, dit Alberto’, vous comptez donc repartir au-dessus d’une des bases flottantes pour y renvoyer un droïde ? Si c’est le cas j’aimerais beaucoup pouvoir vous accompagner.

    Il faudra effectivement que nous fassions cela à un moment ou à un autre, répondit Léonard, mais notre idée actuelle était d’aller dans le Nevada à un endroit appelé Zone 51. Toutes les recherches que nous avons faites sur les êtres gris ont été veines, tout ce qui les concerne a été détruit lors de la révolution dimensionniste comme s’il s’agissait de quelque chose d’imaginaire. Néanmoins les dimensionnistes ont laissé quelques traces parlant de la Zone 51. Tout prête à croire que des recherches auraient été menées ou des contacts aurait eu lieu avec ces êtres nommés communément extraterrestres.

    L’endroit dont vous parlez était un centre de recherche spatial ou quelque chose comme cela ? demanda le leader des Grands Océans.

    Non, répondit Léonard, il s’agissait d’une base secrète de l’armée des Etats-Unis au début du millénaire.

    Au début du millénaire ! s’exclama Alberto’, il n’y a pas d’information plus récente que ça ?

    Malheureusement non, dit Hitomi.

    Mais cet endroit existe encore ? demanda Alberto’.

    La base a été fermée en 2152, reprit la biologiste, nous n’avons pas pu savoir pour quelle raison. Elle est maintenant totalement abandonnée et entourée de décharges de recyclage utilisant des vers… des vermos.

Plus personne ne parla. Un silence total se fit dans la salle de conférence.

    Pas de chance… dit finalement Alberto’, ces vermines de vermos…

Les animaux modifiés génétiquement de manière à pouvoir avoir une fonction spécifique avaient été développés avec succès en 2599. Cela faisaient des siècles que les humains faisaient des recherches génétiques dans ce but, mais les animaux obtenus avaient toujours une durée de vie très courte et étaient toujours stériles. En 2599 le premier chiot modifié génétiquement pour ne jamais grandir était né. Dans les années suivantes, toutes sortes d’animaux avaient été transformés afin d’assumer des tâches utiles aux humains ou d’être simplement des animaux de compagnie plus agréables. Les animaux modifiés étaient de nouvelles espèces et prenaient leur nom d’origine suivi de « mo », ou « mos » au pluriel. Les chienmos, les chatmos, etc. étaient nés. Les vermos, évolution des vers, permettaient un traitement rapide des déchets. On les mettait dans des décharges et ils se nourrissaient de tout ce qui était organique, plastique, métallique ou autres. Mais petit à petit l’ensemble des animaux modifiés génétiquement étaient devenus agressifs avec les espèces naturelles, cherchant à les tuer. Les humains avaient donc dû se débarrasser de leurs nouvelles créatures. Ils avaient tous été tués sans trop de difficulté, sauf les vermos des décharges qui avaient été impossibles à exterminer. Ils étaient très nombreux, se cachaient dans les débris et lorsque l’un d’entre eux était blessé, de plus petits vermos sortaient de ses plaies, déjà prêts à attaquer en crachant de l’acide. Les humains n’avaient jamais doté les vermos de ces capacités, mais ils avaient apparemment évolué seuls en très peu de temps. Finalement les dirigeants des différents pays qui en avaient dans leurs décharges avaient renoncé à leur extermination, car bien que dangereux, ces vers modifiés n’avaient pas une seule fois quitté leurs décharges pour venir attaquer les humains. Ces dernières continuèrent à être approvisionnées de manière normale, donnant leurs aliments aux vermos. Néanmoins l’accès de celles-ci fut interdit. Car si les vermos ne sortaient pas pour attaquer les humains, ils ne laissaient pas non plus ressortir ceux qui venaient s’aventurer sur leurs territoires. En quatre-vingt ans, les vermos n’avaient jamais posé de problème à leurs créateurs depuis que ceux-ci n’essayaient plus de les exterminer. Ils vivaient leur vie de leur côté dans les déchets des humains sans aucun contact avec le monde extérieur. Seuls les quelques journalistes et scientifiques qui avaient voulu étudier leurs possibles nouvelles mutations avaient été leur victimes.

    Comment comptez vous faire ? demanda Alberto’ D’Alino.

    Les décharges sont autour de la zone 51, mais la zone 51 elle-même est libre de déchets, dit Léonard, donc normalement elle ne fait pas partie du territoire des vermos.

    Mais ne craignez-vous pas que les vermos considèrent cet endroit comme faisant partie de leur territoire s’il y a des décharges tout autour ? Ils pourraient se nourrir des infrastructures comme si c’était des déchets, je ne pense pas qu’ils puissent faire la différence… dit un assistant d’Alberto’.

    Nous savons que vu du ciel les hangars de la base, comme tous les autres édifices présents lors de sa fermeture sont encore sur pied, les vermos ne les ont donc pas avalés.

    Ils pourraient néanmoins être dedans, reprit l’assistant.

    Nous espérons qu’ils ne le soient pas.

    Vous espérez ? demanda Alberto’, vous comprenez que cette mission est terriblement dangereuse, j’ai peur que nous ne trouvions aucun volontaire pour y aller.

    Nous avons déjà plusieurs volontaires, dit Thomas’ King.

    Vraiment ? s’étonna Alberto’, de qui s’agit-il ?

    De Monsieur Rei et de moi-même, dit Thomas’ que tout le monde dévisagea.

Comme cherchant la confirmation de son supérieur, l’assemblée tourna ses yeux vers Léonard.

    Est-ce bien vrai ? demanda Alberto’ en regardant le leader du Renouveau.

    Parfaitement, nous pensons partir demain soir pour arriver après-demain matin.

    Mais c’est trop dangereux, dit Paméla’.

    Ils ne seront pas seuls, Monsieur Kanzaki et moi-même avons décidé de les accompagner, dit Hitomi. J’ai pu étudier quelques ouvrages sur les vermos pendant mes études. J’y ai vu qu’ils craignaient le froid…

    Je nous ai donc préparé des armes réfrigérantes, continua Akira. Avec mon équipe nous avons eu le temps de préparer cinq fusils de dix coups chacun. Les créatures touchées par les projectiles seront immédiatement gelées.

    Il risque d’y avoir bien plus que cinquante vermos dans cet endroit, fit remarquer Alberto’.

    Monsieur Kanzaki, êtes-vous bien sûr d’être en état de venir alors que vous venez à peine de vous remettre de votre accident ? demanda Léonard.

    Oui, oui, ne vous en faites pas pour moi.

Paméla’ n’aimait pas du tout l’idée que Léonard prenne autant de risques, s’il allait là-bas elle ne le reverrait peut-être jamais plus.

    Mais que ferons-nous s’il vous arrivait quelque chose ? demanda Paméla’, qui s’occuperait du Renouveau ?

    Quelqu’un d’autre reprendrait le flambeau, j’ai confiance en ceux qui me suivent, dit Léonard rayonnant.

    Vous allez donc y aller ? demanda Paméla’.

    Oui, je dois y aller, justement parce que je suis le leader du Renouveau, je ne peux pas envoyer les autres aux première lignes en restant derrière à l’abri.

    Dans ce cas, je voudrais aussi pouvoir venir, dit Paméla’.

Alberto’ regarda celle qu’il pensait encore avoir comme assistante, il trouvait qu’elle en faisait un peu trop et était surpris de voir à qu’elle point elle était prête à sacrifier sa personne pour pouvoir lui donner des informations de premier choix.

    Vous êtes sûre ? demanda Léonard à Paméla’.

    Oui, répondit-elle.

    Très bien, vous nous accompagnerez donc.

Alberto’, bien que pensant que Paméla’ faisait cela pour lui, n’avait pas du tout apprécié ce qu’elle venait de faire. Car en se portant volontaire elle faisait de lui et de ses assistants les seuls à ne pas l’avoir fait.

    Puisque tout le monde vient, je vais venir aussi, dit Alberto’ après avoir dit à ses assistants qu’ils n’avaient pas à se porter volontaire eux aussi.

    Vous ne devez pas vous sentir obligé, dit Thomas’, il n’y a aucun problème à ce que vous restiez ici si vous le désirez.

    Je vous remercie, répondit Alberto’, mais je veux venir.

    Dans ce cas nous partirons demain tous ensemble. Advienne que pourra, conclut Léonard.

La réunion venait de toucher à sa fin. Paméla’ resta à sa place regardant les différents participants quitter petit à petit la salle. Seul Thomas’ et Léonard restèrent un peu plus longtemps à discuter ensemble jusqu’à ce que Thomas’ s’en aille. Léonard qui se dirigeait aussi vers la sortie se rendit compte que Paméla’ était encore là.

    Que se passe-t-il ? demanda-t-il.

    Rien, répondit Paméla’ mal à l’aise, j’attendais que vous ayez fini de parler avec Monsieur King.

    Vous vouliez me dire quelque chose ? demanda Léonard.

    Oui, enfin… commença Paméla’.

    N’ayez pas peur parlez, dit Léonard.

    Je me demandais si…

    Oui ?

    Si nous ne pourrions pas passer un moment ensemble demain… Nous pourrions nous promener dans les rues de Dubaï et nous connaître un peu mieux…

Paméla’ regardait par terre et sa peau si blanche virait de plus en plus au rouge pendant qu’elle prononçait sa dernière réplique.

    Ce serait un plaisir, répondit Léonard, mais demain je ne pourrai pas, je dois superviser la préparation de notre excursion dans le Nevada, je suis navré.

Paméla’ en entendant la réponse du leader du Renouveau comprit qu’elle n’aurait jamais dû dire cela à Léonard, peut-être qu’à cause de cela il avait maintenant une mauvaise image d’elle. Elle répondit assez nerveusement bien qu’essayant de cacher à la fois sa déception, sa fureur envers elle-même et sa bêtise,

    Ne soyez pas navrée, ce n’est pas grave, ce n’était pas une bonne idée de toute façon, je n’aurais pas dû…

Elle fut interrompue par les lèvres de Léonard qui se posèrent sur les siennes pour lui donner un léger baiser.

    Mais si vous me pardonnez de ne pas pouvoir vous accompagner demain, je serai très heureux d’accepter votre invitation lorsque nous reviendrons de notre mission.

    D’a… d’accord, balbutia Paméla’ qui n’arrivait pas à croire ce qu’il venait de se passer.

 

Publié dans Livre: Terre Bleue

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